François Ozon - site officiel

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Interview with Martin Crisp (playwright - english dialogues)

Romola Garai dans AngelLe travail avec François Ozon
Il s’agissait avant toute chose de comprendre la vision que François avait du film, et de trouver le ton qui y correspondait pour la traduction. Nous avons donc eu de multiples et longues conversations dans de nombreux salons d’hôtels !
Je connaissais SOUS LE SABLE, et ce film m’avait intrigué. Quand j’ai lu le scénario d’ANGEL, la perversité de l’histoire m’a attiré. Ce genre de sujet met souvent en scène un jeune écrivain qui souffre d’être incompris et ignoré, puis se révèle être un génie, mais Angel connaît le succès très tôt, et commence seulement à souffrir quand elle est forcée d’affronter ses illusions sur sa vie et son travail.

Le roman d’Elizabeth Taylor
Je ne connaissais pas le livre d’Elizabeth Taylor. J’ai lu d’abord l’adaptation de François. Une des caractéristiques majeures de son adaptation est la compression du temps : dans le scénario, la narration a été concentrée ; elle est beaucoup plus diffuse dans le livre. Ozon a aussi supprimé des personnages mineurs « comiques », et a augmenté l’importance du mari d’Angel, le peintre Esmé, dont l’échec et le manque de confiance en lui offrent un contrepoint au succès d’Angel.
Sous l’angle littéraire, le ton satirique du roman est particulièrement anglais, la distanciation entre les personnages et le lecteur. L’adaptation d’Ozon supprime naturellement l’élément raconté, ce qui rend l’histoire plus vivante pour le spectateur. Ce qui reste peut-être spécifiquement anglais, c’est la réticence émotionnelle, la réserve de personnages comme Théo, l’éditeur d’Angel, et sa femme Hermione. Cela rend le chaos émotionnel d’Angel d’autant plus saisissant.