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NOTES D'INTENTION (Janvier 2002)
Depuis longtemps, l'idée de faire un film
interprété uniquement par des femmes me trottait
en tête. Revoyant dernièrement le WOMEN de George
Cukor, je me suis renseigné sur les droits de la pièce
dont il s'était inspiré. J'appris très vite
que les droits de remake étaient déjà retenus
depuis quelques années à Hollywood, par Julia Roberts
et Meg Ryan.
J'ai donc abandonné mon projet d'un WOMEN"à la
française", mais grâce à l'aide de Dominique
Besnéhard, j'ai découvert
une pièce policière des années 60 : 8 FEMMES écrite
par Robert Thomas, écrivain tombé dans l'oubli, mais
qui connu son heure de gloire dans le théâtre de boulevard
des années 70, et fit fortune grâce à l'achat
d'une autre de ses pièces par Alfred Hitchcock, qui voulait
l'adapter au cinéma mais mourut hélas trop tôt
pour le faire.
8 FEMMES m'a tout de suite semblé idéal pour ce projet
d'un film au féminin. De la pièce, j'ai retenu essentiellement
la situation et l'intrigue policière que j'ai simplifiée.
J'ai essayé par ailleurs de renforcer l'humour, tout en
apportant de la profondeur aux personnages et en rendant plus complexes
et modernes les rivalités et relations familiales entre
ces huit femmes.
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Je souhaitais faire une comédie,
doublée d'un suspense policier classique renvoyant aux intrigues à la
Agatha Christie et rappelant les films de huis clos où le
meurtrier fait partie du groupe. Mais derrière cette lecture
au premier degré, j'ai voulu engager une réflexion
légère et amusante sur la féminité,
les actrices, les rapports de classe et les secrets de famille.
Comme pour GOUTTES D'EAU SUR PIERRES BRULANTES
adapté d'une pièce de Rainer Werner Fassbinder, il
s'agit d'un film anti-naturaliste, qui privilégie la stylisation
et l'artifice au profit de la beauté et du glamour féminins.
Toutes les actrices devaient être belles et faire rêver
les spectateurs, les cruautés et horreurs qu'elles s'adressent
n'en ont que plus d'éclat, de valeur et d'étrangeté.
Situer l'action dans les années 50 a permis de rendre plus
crédible la situation extravagante de ces huit femmes en
cage, ainsi que les rebondissements rocambolesques qui se produisent,
comme autant d'effets d'artifices. Mais plus que les années
50 françaises, souvent en noir et blanc dans les films sombres
de Julien Duvivier, Jean Delannoy et autres Claude Autant-Lara,
les références viennent plus des couleurs du Technicolor
des comédies musicales de Vincente Minnelli ou des mélos
flamboyants de Douglas Sirk.
Les chansons, reprises par les actrices du film sur des arrangements
des années 50, participent à ce travail de distanciation,
et permettent à chaque personnage féminin de dévoiler
son intériorité, comme dans un monologue à la
fois émouvant et comique. |